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Les épées médiévales connurent d’énormes modifications en mille ans et chaque transformation avait son utilité lorsqu’elle fut conçue. Au fil des siècles, de nombreuses expérimentations furent tentées. De nouvelles formes étaient élaborées en réponse aux aléas des batailles, pour s’adapter aux situations nouvelles, à la confrontation avec de nouveaux peuples et de nouvelles armures ou techniques. Certains guerriers tels les chevaliers devaient même posséder plusieurs épées, et exceller dans le maniement de chacune. L’épée médiévale est une arme robuste, avec une lame flexible à bords tranchants, elle n’est nullement grossière ou mal conçue comme le pensent certains.
Réalisée en acier, elle est capable de supporter les coups d’autres armes du même type. Sa résistance était suffisante pour trancher les manches d’armes d’hast ou entamer sérieusement des boucliers cerclés de fer. L’épée médiévale était donc une arme complexe, en particulier dans son maniement. Le simple fait de parler de l’épée médiévale dans son ensemble, de façon générale, ne peut donc pas recouvrir la réalité historique. Cela ne constitue qu’un aperçu destiné à donner quelques bases pour la recherche plus approfondie…

En des temps anciens

L’origine de l’épée remonte à la plus haute antiquité et même sans doute à l’âge du bronze. Les Grecs et les Romains utilisaient des épées plutôt courtes d’abord en bronze puis en fer. Toutefois, leur qualité n’était pas excellente.

Durant le Haut Moyen Age

L’usage de l’épée longue semble débuter à l’époque Franque et plus spécialement Carolingienne. A partir de cette période, l’épée devint l’arme la plus noble, portait même souvent un nom et son pommeau renfermait parfois des reliques. Elle mesurait environ 90 centimètres. Son développement relativement rapide mène très tôt à la mise au point d’une forme de base (appelée épée Viking) évolua pendant tout le Moyen Age.

Du XIe au XIIIe siècle

Au début du Moyen Age, l’épée est un privilège du seigneur féodal, guerrier de vocation, et ses sujets ne peuvent porter une telle arme, surtout en raison de son prix (en moyenne, 7 bœufs sont nécessaires), mais aussi parce qu’à cette époque, le port d’une épée indiquait que l’on avait été adoubé, que l’on s’engageait tant à combattre le mal qu’à défendre le droit et la loi, seul l’élite la portait.
Ce n’est qu’à partir des croisades, origine de l’expansion des armements, que l’épée acquerra sa renommée, certainement à cause de sa forme qui rappelle celle d’une croix.
S’il existe un grand nombre de formes d’épées, elles ont en commun une poignée à une seule main protégée par une garde imposante, une lame large à deux tranchants, une large gouttière, et un bout plutôt arrondi (ce qui nous fait supposer qu’il s’agissait à cette époque d’une arme de taille).
L’épée, à cette époque pesait environ 2 kg, mesurait en moyenne 90 cm de la pointe au pommeau et 75 cm de la pointe à la garde.

Au XIIe siècle, la lame s’allongea (elle mesurait en moyenne 90 cm), devint plus fine et donc moins massive qu’auparavant. On constate aussi que la pointe était assez bien marquée, l’épée était alors également utilisée comme arme d’estoc.

Au début du XIIIe siècle, la lame et la poignée s’allongèrent, celle-ci devint assez longue pour permettre de se servir de l’arme à deux mains (ce qui permettait de lui appliquer toute la force nécessaire à l’impact avec une plus grande précision), évolution naturelle face à l’arrivée des armures de plaques articulées qui remplaçaient les cottes de mailles et étaient plus difficiles à percer. A cette époque, on assiste à une baisse de qualité des épées, elles sont fabriquées plus rapidement et donc en plus grand nombre. C’est pourquoi, les hommes les plus fortunés pouvaient porter plusieurs armes adaptées aux différentes situations (le combat à cheval est différent du combat à pied, …).

Au milieu du XIIIe siècle, on distingue deux types d’épées: les épées à lame légères, utilisées d’estoc et d’autres à larmes lourdes, plus courtes et destinées à des coups de taille. Les chevaliers en possédaient souvent une de chaque.

Du XIVe au XVe siècle

Au XIVe siècle, l’adoption de protections rigides entraîna un besoin moins important de recourir au bouclier, on assista alors à l’essor de l’épée à une main et demie qui permettait de tenir et de guider l’arme avec la main gauche en partie serrée sur le pommeau (lorsque l’épée à une main et demie était maniée à une main, l’autre était libre pour des actions offensives diverses, comme tenter d’agripper son adversaire). Cette épée est également appelée bâtarde car elle constitue une rupture dans les traditions de l’épée de chevalerie classique, en effet, en tenant l’épée aussi avec la main gauche, le combattant ne peut plus porter l’écu ou le bouclier, principal attribut de fierté du chevalier médiéval.
N’ayant plus de boucliers pour parer les coups, les combattants durent utiliser l’épée à l’attaque comme à la défense, bien qu’il était plus efficace de se dérober aux coups ou d’esquiver que de subir les coups et les parer.
N.B. On ne sait aujourd’hui, si la parade s’effectuait avec le plat ou le tranchant de l’arme.

C’est aussi au XIVe siècle que naquit l’épée à lame en forme de triangle et à section losangée ou diamantée, conçue pour frapper de la pointe contre des protections rigides.

Au XVe siècle, les armées donnant un rôle important à l’infanterie, comme les Suisses par exemple, équipèrent leurs fantassins de grandes épées à deux mains pouvant atteindre jusqu’à 1m80. C’est ce que l’on appelle l’espadon, arme de taille et d’estoc, elle servait à l’attaque de l’infanterie ennemie comme des cavaliers.
Mais ne généralisons pas abusivement les choses, pendant ce siècle, les épées à une main subsistèrent. De plus, un changement important dans leur préhension constitua une grande nouveauté dans leur maniement : il s’agit du passage de l’index par-dessus la garde.

Tout à la fin du Moyen Age apparut une nouvelle forme d’épée dans un contexte civil essentiellement : la rapière. Il s’agissait d’une arme conçue de façon à privilégier l’attaque par estoc, abandonnant parfois ses tranchants pour devenir une pointe.

Bien que la rapière ait eu une indéniable supériorité en affrontement direct, le passage de l’épée de taille-estoc à celle d’estoc se fit de façon nuancée et progressive…

Après le XVe siècle

Les techniques de guerre évoluèrent (avec l’avènement des armes à feu portatives), l’importance de l’épée devint marginale, même dans le domaine militaire. Dès le XVIe siècle, l’épée cessa d’être une arme.
L’épée de tranche finit alors de vivre pour ne plus devenir qu’un objet de curiosité.

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