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Il existe quelques caractéristiques importantes à prendre en compte choisir son arc simple (en bois) :

  • Le style d’arc
  • Le bois utilisé
  • La longueur de l’arc
  • L’allonge de l’archer
  • La puissance de l’arc
  • Les courbures
  • Les reconstitutions d’arcs historiques
  • L’esthétique

 

LE STYLE D’ARC

En archerie ancienne et surtout en facture d’arc traditionnel, il existe essentiellement 2 types d’arc : le flatbow et le longbow (exception faite des arcs composites qui s’approchent toutefois plutôt du flatbow, mais avec des courbures et des matériaux différents).

Le flatbow plie uniquement au niveau des branches tandis que le longbow plie sur toute sa longueur (à la poignée également, mais plus légèrement). Le flatbow possède donc généralement une poignée marquée, moins large, mais plus épaisse que les branches.
Puisqu’il plie à la poignée, le longbow accentue le choc dans la main de l’archer lors du tir, ce qui peut diminuer la précision. C’est pourquoi les archers modernes préfèrent souvent le flatbow, plus proche de la sensation de tir des arcs modernes.

Le longbow est souvent privilégié en reconstitution médiévale, car seuls des longbows ont été retrouvés en fouilles archéologiques pour cette période. Toutefois, des flatbows ont été retrouvés bien avant le Moyen Âge (8000 av. J.-C.) ce qui permet de penser que ce type d’arc pouvait encore exister plus tard malgré le manque de source historique.

Attention qu’il ne faut pas forcément faire de rapprochement entre l’appellation « longbow » et la longueur de l’arc (un longbow court est possible lorsque la poignée plie). Le flatbow n’est pas forcément plus court que le longbow non plus.

 

LE BOIS UTILISE

Les nombreux tests de vitesse de flèche réalisée par Tim Baker (facteur d’arc américain) démontrent que le bois utilisé n’a pas d’influence sur la rapidité de la flèche si l’on compare 2 arcs ayant la même longueur / puissance / forme / courbure / suivi de corde… (à lire le livre : Traditional Bowyer’s Bible Volume 1)

Toutefois, certains bois résistent mieux et permettent des arcs de plus grande puissance ou induisent moins de suivi de corde. C’est le cas de l’if qui est un bois très recherché pour cette raison, mais aussi parce que les arcs anciens retrouvés depuis plusieurs millénaires sont essentiellement en if. Toutefois, un texte francophone de la fin du Moyen Âge précise : « Premierement de tous boiz poeult on faire arcs, mais les meilleurs sont de yf », ce qui signifie bien qu’à cette époque, d’autres bois étaient utilisés. L’auteur parle ensuite de sureau et de nerprun (ou peut-être aubépine). L’orme a été également utilisé pour les plus anciens arcs préhistoriques retrouvés.

Vu la difficulté à trouver de l’if actuellement (droit et sans trop de nœuds), il nous est difficile d’en réaliser beaucoup. C’est pourquoi les arcs en if sont plus chers, le prix étant accentué par la demande des médiévistes qui considèrent cette essence comme plus historique. Toutefois, un arc en if n’est pas pour autant meilleur qu’un autre arc qui lui serait identique.

 

LA LONGUEUR DE L’ ARC

La longueur de l’arc est très importante pour plusieurs raisons :

– Les arcs courts sont plus faciles à utiliser en foret pour les chasseurs, mais perdent légèrement en précision et en résistance.
Les arcs longs sont souvent préférés par les médiévistes, car la plupart des arcs de cette époque retrouvés en archéologie sont de grande taille. Ils ont l’avantage d’être plus résistants (ou d’accepter une plus grande allonge) et la longueur de leurs branches permet de stabiliser le tir (plus de précision).

– La longueur de l’arc influence fortement la rapidité de la flèche et donc l’efficacité de l’arc. En effet, selon l’allonge de l’archer, il est possible de déterminer la longueur d’arc idéal (meilleure rapidité de la flèche). Il peut toutefois être préférable d’ajouter 5-10 cm à l’arc pour augmenter sa résistance (surtout pour les arcs puissants) et améliorer sa précision.
Longueur idéale selon l’allonge (la longueur est calculée entre encoches) :
24’’ d’allonge > 1m50 environ
26’’ d’allonge > 1m60 environ
28’’ d’allonge > 1m70 environ
30’’ d’allonge > 1m80 environ
32’’ d’allonge > 1m90 environ

 

L’ ALLONGE DE L’ ARCHER

Pour calculer son allonge, la méthode la plus juste consiste à prendre un arc avec une poignée de type traditionnelle (pas de poignée anatomique) et une flèche longue. À défaut, il peut être possible de prendre un bâton (d’un diamètre proche d’un arc) et un fut de flèche.
L’archer arme l’arc (sans tirer) jusqu’à l’endroit où il se sent le plus confortable pour le tir. Un équipier doit alors faire un trait sur la flèche à l’endroit du ventre de l’arc (côté archer – là où l’arc s’appuie sur la main). Pour calculer l’allonge, il faut alors mesurer la distance entre ce trait et le creux de l’encoche de la flèche, convertir en pouce (1’’ = 2,54 cm) et ajouter 1,75 pouce. Il s’agit alors de l’allonge internationale prise en compte pour calculer la puissance de l’arc. Elle est assez proche de la longueur de flèche nécessaire.

Un homme adulte avoisine les 28’’ généralement (selon sa taille) et 26’’ pour les femmes. Il est toutefois possible de tirer à plus forte allonge en armant jusqu’à l’oreille, le téton (comme le décrit un texte de la fin du Moyen Âge) ou encore l’épaule arrière.
Un arc de facture traditionnelle ne peut tenir à de telles allonges s’il n’a pas la longueur suffisante ! La casse de l’arc est donc très probable.
Attention donc aussi aux tireurs à l’instinct qui varient souvent leur allonge. Il faut alors prendre une marge de sécurité plus importante.
L’allonge testée par les arcs est souvent de 28’’ (avec une marge de sécurité de 2’’), pour des allonges supérieures à 28’’, il faut alors choisir des arcs plus grands et demander au facteur de l’arc s’il permet cette allonge.

L’allonge influence directement la rapidité de la flèche (autant que la puissance de l’arc, ce qui est souvent oublié par les archers). Il est donc préférable de pouvoir tirer à pleine allonge avec son arc, même si cela signifie de choisir une puissance légèrement inférieure.

 

LA PUISSANCE DE L’ ARC

La puissance de l’arc influence également la rapidité de la flèche (autant que l’allonge) et donc son pouvoir de pénétration, la distance de tir, la précision …
Plus un arc est puissant, plus il permettra de tirer loin et moins la trajectoire sera contrariée par la force de pesanteur (plus de précision). Toutefois, tirer avec une puissance trop importante pour l’archer lui demande trop d’effort, ce qui diminue fortement sa précision, diminue le nombre de flèches qu’il pourra tirer et peut aussi lui causer des problèmes physiques.
C’est pourquoi la puissance de l’arc doit être adaptée à l’archer et doit être idéalement la plus importante possible sans qu’il doive forcer pour autant.

Les archers expérimentés connaissent généralement la puissance qui leur est idéale. Pour les débutants, il n’existe pas de formule miracle, le plus simple est de tester plusieurs arcs (demander à d’autres archers afin de pouvoir comparer). Il est parfois utile de choisir un arc un peu plus puissant en partant du principe qu’avec l’entrainement, l’archer pourra alors l’armer plus aisément.
Certains incitent les femmes débutantes à tirer avec du 30 livres et les hommes avec du 40-45 livres. C’est très réducteur, et c’est souvent décourageant pour les femmes qui ont alors le double handicape d’une plus faible allonge et d’une plus faible puissance !

La puissance est calculée à 28’’ par défaut pour les arcs commerciaux. Ceci permet de comparer entre plusieurs arcs. Toutefois, la puissance réellement tirée par l’archer augmente progressivement tout au long de l’armement. Un archer tirant à 26’’ n’exercera donc pas la force inscrite sur l’arc, mais une force inférieure (et inversement pour les allonges supérieures). C’est pourquoi avec la même force corporelle, un grand archer tirera souvent avec un arc moins puissant qu’un plus petit archer (allonge inférieure).

Il est important de préciser que les rôlistes ont souvent une puissance maximale imposée par les règlements (inférieur à 20, 25 ou 30 livres, même si l’allonge n’est pas prise en compte !).

 

LES COURBURES DE L’ ARC

Il existe plusieurs types de courbure de l’arc :
– Les courbures générales ou à la poignée uniquement. Si l’arc sans corde se plie dans le même sens qu’avec une corde, il est dit « deflex ». Ceci permet de réduire les contraintes dans le bois, mais réduit la vitesse de la flèche. Il est aussi plus aisé à bander.
Au contraire, les arcs « reflex » (courbure à l’inverse de la corde) gagnent en vitesse, mais ont plus de risque de casse et sont plus difficiles à bander.

– Les courbures des extrémités des branches – recurve (à l’inverse de la courbure avec la corde) permettent d’améliorer quelque peu les performances de l’arc. Idéalement, la corde doit alors toucher le bois pour avoir un effet plus important.

– Les courbures naturelles… juste les courbures de la branche d’origine … Tous nos arcs en ont de très légères ou, au contraire, de très marquées. C’est ce qui donne leur caractère et les rend uniques ! C’est aussi la preuve qu’ils sont réalisés à la main.
Ces courbures ont peu d’influence sur les performances de l’arc sauf si un très gros nœud se trouve aux extrémités des branches ou encore si naturellement, elles renvoient à un type de courbure reflex, deflex ou recurve.

 

LES RECONSTITUTIONS D’ARCS HISTORIQUES

Les archéologues ont retrouvé très peu d’arcs du Moyen Âge. Il faut donc en déduire les caractéristiques à partir du peu qu’il nous reste, mais aussi des écrits et peut-être aussi des arcs trouvés à des périodes plus anciennes ou récentes.
Nous pouvons donc déduire plusieurs types d’arcs au Moyen Âge :

– Les arcs Vikings (retrouvés à Haithabu – Hedeby). Ce sont des arcs de type « longbow » en if et un en orme, assez longs (1m90 avec poupées). Ils se caractérisent par une courbure à l’endroit de l’encoche de la corde (courbure vers l’archer), aucune entaille à la poupée inférieure et une simple entaille latérale à la poupée supérieure et un clou pour tenir la corde une fois l’arc débandé.

– Les longbows anglais (retrouvés dans le navire coulé de la Mary Rose au XVIe siècle). Il est probable que les arcs de la fin du Moyen Âge ressemblaient à ceux-ci également.
Il s’agit d’arcs de section en D arrondi (ventre rond, dos plat) plutôt grands (les arcs retrouvés faisaient entre 1m80 et 2m10) avec des cornettes aux extrémités (cornes emmanchées pour réaliser les poupées). Tous les arcs retrouvés sont en if et ont une puissance estimée entre 120 et 160 livres.

– Les arcs « bourguignons ». Il ne s’agit pas d’arcs retrouvés, mais plutôt qu’une hypothèse par rapport à certaines représentations. Il s’agirait de longbows de longueur moyenne (plus court que les Anglais) ayant les extrémités légèrement recourbées (recurve).

– Les flatbows. Aucun flatbow n’a été retrouvé au Moyen Âge, pourtant, les découvertes des millénaires précédents montrent l’usage de flatbows comme de longbows. Il est donc possible qu’il s’agisse d’un type d’arc encore utilisé au Moyen Âge. Le texte francophone de la fin du Moyen Âge parle d’arc « rond » (longbow ?) et d’arc carré (flatbow) assez différents l’un de l’autre pour être utilisés pour des raisons très différentes.

 

L’ ESTHÉTIQUE … essentiel pour choisir son arc !

Nous réalisons des arcs aussi bien droits que légèrement ondulés ou vraiment tordus. L’esthétique est une appréciation de l’archer et influence très peu l’efficacité de l’arc.

Il est possible de vernis les arcs (peu d’entretien) ou de les huiler, les graisser (plus naturel et aspect plus ancien, mais plus d’entretien). Une poignée en cuir peut être placée bien qu’aucun exemple retrouvé ne semble en posséder.
Les poupées peuvent être des cornettes, taillées directement dans le bois, ou être réalisées par un enroulage de fil ou de fibres… ou toutes autres techniques.
Il est aussi possible de les teindre, d’y insérer un repose-flèche ou un renfort en corne, d’y inscrire des choses… tout est imaginable à condition de ne pas nuire à la résistance de l’arc.

Dans ce domaine, c’est selon les préférences de l’archer.

 

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Texte : Fabien Houssin

CC BY-NC-SA 4.0